Gober (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XIII e siècle, soi
1. Avaler d'un coup, sans se donner le temps de mâcher. Gober une huître, une moule. Gober un œuf, aspirer le contenu de la coquille que l'on perce d'un trou à chaque bout. Expr. fig. et fam. Gober des mouches, perdre son temps niaisement, ne rien faire.
2. Fig. et fam. Croire sans examen ni réflexion. C'est un naïf, il gobe tout ce qu'on lui dit. Il a gobé les belles promesses qu'on lui a faites. Par ext. Pop. Gober quelqu'un, l'estimer au-dessus de ses mérites, en être dupe. Pron. Se
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Avaler vivement sans se donner le temps de mâcher. "Gober une huître. Gober un oeuf frais." Il est familier.
Fig. et fam., "Gober des mouches," Perdre le temps à attendre, à ne rien faire, à niaiser.
Il signifie figurément et familièrement Croire légèrement, sans examen. "C'est un homme qui gobe tout ce qu'on lui dit. Gober quelqu'un," L'estimer, en faire cas, parfois au-dessus de ses mérites, En être dupe.
Fam., "Se
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Terme familier. Avaler sans savourer, sans mâcher.
SCARRON: « Le
Saisir et avaler.
LA FONT.: « Une grue Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir »
LA FONT.: « Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant ; C'est tour de vieille guerre.... »
LA FONT.: « L'un jure foi de roi, l'autre foi de hibou, Qu'ils ne se
LA FONT.: « Quoi ! toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile ! Toujours le loup m'en
BUFF.: « Le brochet gobe assez souvent les oiseaux qui plongent ou frisent en volant la surface de l'eau »
Fig. Gober des mouches, du vent, perdre du temps à niaiser, à attendre.
On a laissé cet homme à
Populairement. Tu la gobes, tu es attrapé, puni, malmené.
Fig. Gober le morceau,
MOL.: « Mais je ne suis pas homme à
MOL.: « Tous deux également sont propres à
Fig. Un gobe-affront, un homme qui supporte lâchement les affronts.
SCARR.: « Un courtisan, un gobe-affront Aura l'âme assez mercenaire.... »
2 Populairement Faire prisonnier quelqu'un que l'on guette. On l'a gobé au sortir de chez lui.
3 Fig. Croire légèrement et sottement.
LA FONT.: « Amusez les rois par des songes.... Ils
SAINT-SIMON: « [Monseigneur] prince incapable de ne pas
SAINT-SIMON: « Vieux-Port goba aisément ce prestige de noblesse, et crut figurer »
VOLT.: « Cette belle lettre parvint à M. le duc de Choiseul, qui d'abord goba cette sottise, mais qui bientôt après me rendit justice »
4 Terme de fauconnerie. Chasser les perdrix avec l'autour et l'épervier.
5 Se
HISTORIQUE
XVème siècle
Rec. de farces, etc. p. 302: Au moins, donnez-nous une pesche, Pour faire ung peu gobe quinault
ÉTYMOLOGIE
Le radical gob paraît appartenir au celtique : gaélique, gob, gab, bouche, irl. gob, bouche, bec ; kimry, gwp, bec. Gob dans un patois anglais a le sens de mâchoire et y vient probablement du celtique. L'anglais gob, bouchée, vient du français.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Avaler avec avidité et sans savourer ce qu'on avale. "Gober une huître. Gober une couple d'oeufs frais." Il est familier.
Prov. et fig., "Gober des mouches," Perdre le temps à attendre, à ne rien faire, à niaiser. "Il ne fait que
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie, figurément et familièrement, Croire légèrement. "C'est un homme qui gobe tout ce qu'on lui dit. Il gobe les louanges les plus grossières. Il a gobé cette nouvelle comme un fait certain."
Il signifie aussi, populairement, Prendre quelqu'un, se saisir de quelqu'un lorsqu'il s'y attend le moins. "On l'a gobé au sortir de chez lui pour le mener en prison."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Avaler avec avidité et sans savourer ce qu'on avale. "Gober une couple d'oeufs frais." Il est familier.
On dit proverbialement et figurément d'Un homme qui s'amuse à niaiser, à fainéanter, qui perd le temps à des bagatelles, qu'"Il ne fait que
Il signifie figurément et familièrement, Croire légèrement. "C'est un homme qui gobe tout ce qu'on lui dit. Il gobe les louanges les plus grossières. Il a gobé cette nouvelle comme un fait certain."
Il signifie aussi dans le style populaire, Prendre quelqu'un, se saisir de quelqu'un lorsqu'il s'y attend le moins. "On l'a gobé au sortir de chez lui pour le mener en prison."
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Avaler avec avidité & sans savourer ce qu'on avale. "Gober une couple d'oeufs frais." Il est familier.
On dit proverbialement & figurément d'Un homme qui s'amuse à niaiser, à fainéanter, qui perd le temps à des bagatelles, qu'"Il ne fait que
Il signifie figurément & familièrement, Croire légèrement. "C'est un homme qui gobe tout ce qu'on lui dit. Il gobe les louanges les plus grossières."
Il signifie aussi dans le style familier, Prendre quelqu'un, se saisir de quelqu'un lorsqu'il s'y attend le moins. "On l'a gobé au sortir de chez lui pour le mener en prison."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
GOBET, s. m. *GOBEUR, s. m. ["Gobé", "bè", "beur:" 2e "é" fer. au 1er, "è" moy. au 2d.] "Gober", 1°. avaler avec avidité, et sans savourer ce qu'on avale. '"Gober" un oeuf frais.
- 2°. "Fig. famil." croire légèrement. 'Il "gobe" tout ce qu'on lui dit de plus absurde.
- 3°. Saisir quelqu'un dans le tems qu'il s'y attend le moins. 'On "l'a gobé" au sortir de la Comédie, pour le mener en prison. = On dit, "proverbialement", d'un homme qui perd le tems à des bagatelles, qu'il "gobe des mouches". "Gober du vent", fainéanter, niaiser. = "Gober le morceau", mordre à l'hameçon, se laisser duper.
GOBET, morceau que l'on gobe. "St. fam." = "Prendre" un homme "au gobet", le saisir lorsqu'il y pense le moins. Voy. GOBER, n°. 3°.
*GOBEUR, celui qui gobe. Je crois ce mot de l'invention de "La Fontaine". Il s'en est servi dans la Fâble de l'"Huitre" et des "Plaideurs".
Celui qui le premier a pu l'appercevoir
En sera "le gobeur": l'autre le verra faire.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Avaler avec avidité & sans savourer ce qu'on avale. "Gober une couple d'oeufs frais.
On dit prov. & fig. d'Un homme qui s'amuse à niaiser, à faineanter, qui perd le temps à des bagatelles, qu'"Il s'amuse à
Il signifie fig. Croire de leger. "C'est un homme qui gobe tout ce qu'on luy dit".
Emplacement dans le dictionnaire :
| gobbe gobe-goujons gobe-moucherons gobe-mouches gobelet gobelin gobelins | gobelotter gobelotteur goberge goberger goberger (se) goberges | gobet gobetage gobeter gobeur gobille godaille godailler |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)...pas, il les couperait rasibus et les fourrerait en sa poche. Alors, les militaires avaient dégaîné leurs flamberges et s'étaient écriés qu'ils allaient se fabriquer d'abord un pâté d'ours et le gober ensuite. Il n'en fallait pas autant pour mettre en branle l'irascible poilu, de son naturel assez friand de plaies comme de bosses, et la danse commença. Verres, brocs, jarres, bouteilles,...
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